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jeudi 11 mars 2010

Delhi University vs Lyon III


Dans la catégorie "Rendu le plus en retard des notes du premier semestre", les nominés sont :
- Lyon III (France)

- Delhi University (Inde)


Certains ne seront pas sans savoir que Lyon III, déjà habituellement pas très rapide en ce domaine, n'est toujours pas capable de donner un relevé de notes exhaustif à ses étudiants, les profs d'anglais n'ayant pas été payés par l'université. Par conséquent, pas de délibérations et une attente qui dure depuis le mois de janvier. Et bien à Delhi University, ils sont encore plus forts. Incroyable mais vrai.

Les mémoires que nous avions rendu en novembre (euh... voire décembre car j'étais un peu en retard) auraient été destinés à l'oubli, au fond d'un placard, sans intervention de notre part. Entre le doyen qui nous demande "Ah bon, mais il fallait les corriger vos mémoires ? Vous avez besoin de notes ! Vous ne nous l'aviez pas précisé...". Comme si nous avions travaillé des heures d' arrache-pied pour le plaisir d'une masturbation intellectuelle intense.

Depuis, je me suis rendu compte qu'habiter dans le Nord de Delhi présentait de nombreux avantages, dont le premier était de me trouver à 5 minutes de la fac' et donc de son administration (dont le seul membre "compétent" est le doyen). Depuis le mois de février, à part les quelques moments où je me suis absentée de Delhi, ma journée commence toujours pas une petite visite au doyen, qui se finit toujours par un échec total car soit il n'est pas là, soit il me dit que c'est "en cours". La procrastination, ça, je dois avouer que cela semble être son domaine de prédilection. J'ai usé de tous mes charmes, demandant gentiment, plus fermement, allant même jusqu'à pleurer (quelle actrice) dans le bureau de l'assistant du doyen ou bien à lui écrire de longues lettres (bureaucratie oblige) lui expliquant ma triste situation.

J'ai donc décidé de mentir effrontément et de dire que la date limite pour candidater en Master 2 était ce vendredi (donc demain), et que je devais ABSOLUMENT avoir mon relevé de notes au plus tard ce vendredi matin. Sinon, j'allais gâcher ma vie et que tout allait être de sa faute. Vous saurez bientôt si cela à fonctionné... En tout cas, j'ai bon espoir, et c'est la première fois depuis bien longtemps que j'entrevoie le bout du tunnel. J'ai débuté mes mémoires pour le second semestre et espère simplement ne pas avoir à vivre ce même cauchemar.



mardi 8 décembre 2009

"Je ne veux pas travailler. Et puis, je fume."

"Gandhi as lawyer"

Comment s'occupe une étudiante en fac de droit en échange en cette fin de semestre ? Et bien, tout simplement, elle fait consciencieusement ses 'papers' (comprenez par là, des pseudo mémoires, d'une quinzaine de pages). La fac, elle n'y va plus depuis bien longtemps. Elle se contente de regarder avec consternation comment les étudiants locaux luttent pour obtenir une "carte d'examen". Oui, ce serait bien trop facile que d'avoir des places attribuées par les numéros étudiants. Il faut se battre. Autant vous dire que ça aurait été bien difficile pour moi d'obtenir ce précieux sésame, n'ayant déjà pas de "roll number" et pas vraiment d'inscription officielle dans cette université.

Donc je fais des 'papers' au lieu des exams. Je remercie chaque jour Krishna de m'épargner d'aller disserter des heures sur des sujets appris par coeur depuis des mois. Je m'épargne également les crises de larmes quand les professeurs ont eu le culot (je dis bien le culot) de mettre des "sujets de rélexion" dans leurs examens. Réfléchir est bien trop difficile ici et je me dis que les copies doivent différer seulement par l'écriture de leur auteur. Consternant.



Bon, et puis vous le savez, je n'ai pas le droit d'emprunter de livre à la bibliothèque*. Je suis obligée de demander à mon ami Navaid de le faire pour moi. Et puis quitte à monopoliser son temps, autant lui demander conseil sur les bouquins que j'emprunte (transcription française) :

- Navaid, tu penses que je devrais prendre quels livres pour mon 'paper' de Taxation ?
- Oh. Euh... (Il réfléchit et fait une sorte de compromis pour prendre à la fois le livre le plus épais et le plus récent). Celui-là me parait bien.
- Très bien, si tu le dis. Quel autre je pourrais prendre ?
- Quel autre ? Mais pourquoi faire ?
- Et bien ... Pour faire mon 'paper'. Je compte pas le garder en livre de chevet ça c'est sûr.**
- Mais tu as déjà un livre (super gros en plus !), c'est amplement suffisant. Tu ne vas quand même pas en prendre deux. Tu risques de t'embrouiller l'esprit.
- Ca s'appelle comparer les thèses de plusieurs auteurs pour faire un travail de recherche. Enfin, le minimum syndical quoi. Tu vois ? Ce que tu m'as filé, c'est un peu l'équivalent d'un Memento Lefebvre. C'est très bien, mais l'auteur est pas très bavard. Tu lis souvent le dictionnaire toi ?
- Mais si ils ne disent pas la même chose ?
- (...) Allez, c'est moi qui les porte, pas toi. Paie ta carte de BU.


Pour vous envoyer du rêve, et aussi vous prouvez que je ne fais pas qu'aller voir des Bollywood au ciné, je vais quand même vous copier les sujets des mémoires que j'ai eu le privilège d'écrire :

- Contract law : A comparative study of capacity to contract in Indian Law and French Law (Etude comparative sur la capacité à contracter en droit indien et droit français)
- Labour law : Strikes and lock-outs (Grèves et lock-outs)
- Taxation : Income from house property (La taxe foncière)
- International trade : Why the WTO ? (Pourquoi l'OMC ?)
- Intellectual property rights : (pas encore fait ...)

Ca en jette, hein ?

* Pour copier Florence et ses astérisques (nous dirons que c'est un hommage à son blog), je voulais dire par livre emprunté à la bibliothèque "antiquité de plus de 15 ans, qui tient grâce à des bouts de scotch". Je suis assez émue quand je vois une édition d'après 2000. Je me mets tout de suite à relativiser l'année de mon Memento Lefebvre de droit fiscal datant de l'année précédente.

** Quoi que je suis sûre que la bible du droit fiscal indien ferait du meilleur effet sur ma table de nuit en carton.