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mardi 9 mars 2010

Bhang Bhang. You shot me down.


Fini les enfantillages sur ma terrasse. Nous passons aux choses sérieuses, Holi à JNU (pour les novices, l'autre grande université de Delhi, refuge de la déchéance). Après m'être équipée d'un gun éléphant vert fluo du meilleur effet et de pigments colorés tous plus beaux les uns que les autres, nous traversons la ville pour participer aux réjouissances sur le campus. La fête bat déjà son plein et c'est armés de pistolets remplis de peinture à l'eau indélébile que nous nous défoulons sur nos amis ou illustres inconnus et exprimons nos talents créatifs.

Petit à petit, notre salive devenait elle même colorée et prenait une teinte rougeâtre tandis que nos habits étaient définitivement bons à jeter. Notre belle peau blanche ne reprendra sa belle couleur qu'après une semaine de douche et certains gardent encore une coloration capillaire détonante et se proclament (fièrement ou pas) nouveaux-roux.

La fête ne dure pas toute la journée, la guerre ça va bien un instant, mais les ressources physiques nous manquent. Le soleil tape de nouveau assez fort et tout ce que nous trouvons en ce jour férié pour nous désaltérer, ce sont des bhang lassi (du yaourt avec de la weed), boisson inderdite mais tolérée, et je dirais même plus que ça puisque gracieusement offerte par l'université qui s'occupe d'en faire de pleine marmites pour droguer ses étudiants. Le retour à la maison a été difficile et j'ai failli tester le Home Delivery de l'Appolo Pharmacy, ne pouvant plus bouger de mon lit pendant deux jours durant.





Holi-Garchie à Hudson Line


A Hudson Line, il y a quelques jours, c'était la guerre. Holi, la fête des couleurs célébrant l'équinoxe de printemps chez les hindous, s'approchait à grand pas. Quelques jours avant la tant attendue et fatidique date, nos petits voisins du rez de chaussée avaient pris d'assaut notre terrasse, beaucoup plus propice au lancer de bombes à eau. Ils toquaient à la porte et lançaient un grand "Hey Didi" (= salut soeurette) en te tendant le ballon rempli d'eau prêt à exploser et avec lequel nous avions la lourde tâche de faire un noeud. Du vrai travail à la chaîne. Henry Ford aurait été flatté.

Des heures de travail durant, je commençai à succomber devant tant de pression mais j'ai heureusement été congédiée mais ne résistait pas au plaisir malsain de regarder les passants se faire éclabousser, certains rouspétant, d'autres étant capables de prouesses physiques très techniques afin d'éviter ces satanés ballons, les derniers faisant semblant de courir. Même moi, je m'étais prise au jeu et abandonnait mes (ô combien magnifiques) mémoires pour arroser l'arroseur.

Après que ces enfants terribles se soient lâchés avec leurs armes de guerre, l'esclave du rez-de-chaussée (10 ans d'âge et 5 ans d'expérience) rentre en jeu et a pour charge de rendre sa couleur initiale à notre belle terrasse blanche nouvellement repeinte. C'était cause perdue. Tout comme notre cage d'escalier, notre porte et le sol de notre appartement...